Gaston Durmon

28.6.2019

Gaston Durmon

Les hommes qui ont fait la CFRNA – CIDNA       Gaston Durmon (1895 – 1993) - chef-pilote de la CFRNA-CIDNA, “bimillionnaire” en kilomètres, pilote des présidents et des écrivains. Durmon -  Croix de Guerre 1914-1918, Médaille commémorative des Dardanelles, Commandeur de la Légion d’honneur. 

Au début de la Première guerre mondiale, à l’âge de 19 ans, Gaston Durmon se retrouve dans le génie. Il est blessé lors de la bataille des Dardanelles et lorsqu’il se rétablit, il rejoint l’aviation. Mitrailleur, puis observateur, il obtient le brevet de pilote militaire en 1918, et devient pilote de chasse avec des combats aériens acharnés à son actif, mais pas de victoires homologuées.

Gaston Durmon (1895 – 1993) - chef-pilote de la CFRNA-CIDNA. Source: Wikimedia CommonsZoom gallery
Gaston Durmon (1895 – 1993) - chef-pilote de la CFRNA-CIDNA. Source: Wikimedia Commons

En été 1921, débute sa carrière de pilote de ligne à la CFRNA. Suite à l’évolution du réseau, il sera affecté à la ligne Paris-Strasbourg-Prague-Vienne-Budapest-Belgrade-Istanbul-Ankara, soit 2.700 km. Il participera aux vols de nuit entre Belgrade et Bucarest. En 1927, Gaston Durmon devient le troisième chef-pilote de la Compagnie après Deullin et Noguès. Sa carrière à la CFRNA - CIDNA n’est toutefois pas un long fleuve tranquille…

En 1922, il franchit la Forêt-Noire sans visibilité, et pose son Blériot-SPAD S.33 sur le terrain du Polygone à Strasbourg, avec quatre passagers à bord - trois Américains et l’un des responsables de la Compagnie. L’ambiance dans la cabine devait être tendue, mais le pilote n’en savait rien, car il était dans son cockpit à l’extérieur… 

Le 5 novembre 1929, Gaston Durmon, parti du Bourget  avec un opérateur radio et un  passager, sur Fokker F.VII, survole Strasbourg où il ne peut pas atterrir par manque de visibilité. Seul le massif montagneux des Vosges émerge de la brume. Juste avant de tomber en panne sèche, Gaston arrive à se poser sur le Champ du Feu à 1099 m d’altitude. 

Dans Le Petit Parisien du 8 avril 1932, on peut lire : « PARIS-STRASBOURG EN 1 h. 58 - Malgré le gros temps, un nouvel avion métallique qui fait actuellement ses essais d'endurance est arrivé à l'aérodrome du Polygone à 10 h. 45, venant du Bourget, ayant effectué un parcours de 405 kilomètres en une heure cinquante-huit minutes, piloté par Gaston Durmon avec le radio Roger Henry et le mécanicien Auguste Morel. Il y avait cinq passagers à bord. » 

Lorsque l’écrivain Paul Morand décide de prendre l’avion avant de consacrer son roman la « Flèche d’Orient » à la Compagnie, où quand la journaliste Odette de Villatte souhaite écrire un texte sur l’aviation, c’est à Gaston Durmon qu’on fait appel. Plus tard, il deviendra pilote présidentiel, et en 1936, il aura le triste privilège d’amener Edouard Daladier à la Conférence de Munich. 

En 1933, après la création d’Air France,  Durmon fera partie des pilotes embauchés par la compagnie nationale.  La même année, lors d’un vol de nuit avec du courrier sur la ligne Paris - Marseille, le moteur droit de l'avion prend feu. Devant une situation désespérée, il ordonne au radionavigant de sauter en parachute, mais il parvient finalement à poser l'appareil avec un moteur hors service. 

En 1934, Durmon fait partie des premiers pilotes « millionnaires en kilomètres ». En 1935, il devient l’un des dirigeants de l'Aéro-Club de France. Bien qu’habitué aux avions en bois, il s’adapte aux nouveaux appareils en aluminium au point de participer avec ces nouvelles machines à des compétitions aériennes les plus ardues. Pendant la guerre, Air France est administrée par le Régime de Vichy. Gaston Durmon continue à voler et il dépasse même les 2 millions de kilomètres.En 1944, il est arrêté, mais aucune charge n'est retenue contre lui et lorsqu’il est libéré, il recommence à voler. Ces collègues le gratifient du surnom de « Pacha ».

Maryla Boutineau