Jean-Marie Sladek (1897–1981): Un pilote tchèque Officier de la Légion d’honneur

17.10.2019

Les millionnaires en kilomètres de gauche à droite :  Les pilotes : Jean Laulhé, Pierre Burello, Charles Corsin, Jean-Marie Sladek  et le radio mécanicien Louis Agnus. Les pilotes Laulhé, Burello et Sladek sont les anciens pilotes de la CFRNA-CIDNA. Le Petit Parisien du 26/7/1934Les millionnaires en kilomètres de gauche à droite :  Les pilotes : Jean Laulhé, Pierre Burello, Charles Corsin, Jean-Marie Sladek  et le radio mécanicien Louis Agnus. Les pilotes Laulhé, Burello et Sladek sont les anciens pilotes de la CFRNA-CIDNA. Le Petit Parisien du 26/7/1934
Les millionnaires en kilomètres de gauche à droite : Les pilotes : Jean Laulhé, Pierre Burello, Charles Corsin, Jean-Marie Sladek et le radio mécanicien Louis Agnus. Les pilotes Laulhé, Burello et Sladek sont les anciens pilotes de la CFRNA-CIDNA. Le Petit Parisien du 26/7/1934

CFRNA – CIDNA        Jean-Marie Sladek était pilote militaire de formation, tout comme ses nombreux collègues de la CFRNA – CIDNA. Reconvertis dans l’aviation civile au lendemain de la guerre, ces pilotes de ligne de la nouvelle compagnie, étaient pour la plupart issus des couches aisées de la société française. 

Souvent, ils avaient commencé leur carrière militaire dans la cavalerie, mais attirés par l’aviation ils changèrent d’arme. C’était le cas de Pierre de Fleurieu, le fondateur de la Compagnie, ainsi que de ses nombreux camarades recrutés par ses soins.

Le parcours de Jean-Marie Sladek ne peut être plus différent. Originaire de Moravie, une région qui se trouve aujourd’hui en République tchèque, mais qui à l’époque faisait partie de l’Empire austro-hongrois, Jean-Marie voit le jour à Kromeriz dans une fratrie de dix frères et sœurs. Devant subvenir à ses  besoins dès sa sortie de l’enfance, il entre en apprentissage et devient électricien.

C’est pour se battre dans l’armée austro-hongroise aux côtés des allemands - contre les Français et leurs alliés – qu’il est enrôlé dans l’armée en 1915. Il se retrouve alors sur des champs de bataille en Roumanie, en Italie et en Russie. Vers la fin de la guerre, il suit des cours de pilotage à Wiener Neustadt, et en 1918, il obtient son brevet de pilote. Très tôt, il pilote des Breguet 14 et des SPAD. En 1924, il participe à une course aéronautique de vitesse et il obtient la deuxième place avec 154,60 km/h sur 200 km. Par la suite, il donne des cours de pilotage, et en 1925, il est embauché par la CFRNA – CIDNA en même temps que ses compatriotes Frantisek Cermak, Frantisek Lehky, Antoine Knapp et V. Kolomaznik.

 En 1933, lorsque la CFRNA-CIDNA se mue en Air France en s'unissant à quatre autres compagnies d’aviation, il continue à survoler les lignes européennes pour le compte de la compagnie nationale française. En 1940, il est licencié pour « cause de guerre ».

 Une coupure de presse de 1981, sauvegardée dans les archives de la famille Sladek, mentionne son activité pendant les années de guerre et d’après-guerre :          

« Pendant la guerre on le retrouve agent de liaison et de renseignements à Marseille, puis à Londres via l’Espagne et le Portugal. Plus tard, à Beyrouth, il met sa grande expérience au service des « Lignes Aériennes Militaires » (LAM) voulues par le Général de Gaulle. Il y créera de nombreuses lignes, dont celle du Levant à l’Afrique française Libre, de Beyrouth à Tananarive et la Réunion, de Damas à Alger et Paris, etc. Naturalisé français en 1946 et décoré de la Croix d’Officier de la Légion d’Honneur (à titre militaire) il retrouve ses fonctions de pilote à Air France où il est affecté sur les lignes d’Extrême-Orient. […] Il est inhumé à Eze, dans les Alpes-Maritimes. » 

 

Maryla Boutineau

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