Maurice Noguès

28.6.2019

CFRNA – CIDNA        Maurice Noguès (1889 – 1934) est considéré comme l’un des plus grands aviateurs français de son époque. En 1923, il fut le premier pilote au monde à effectuer des vols de nuit avec passagers. Officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918.

Maurice Noguès naît dans une famille bretonne prospère et prolifique. Dans ses années de jeunesse, sa nature aventurière en impose à une ribambelle de cousins, prêts à le suivre dans toutes les entreprises périlleuses. Plus tard, il voudrait se consacrer à la mer, mais pour des raisons de santé, il doit renoncer à l’Ecole navale. Sa maman, pour lui faire oublier ce revers, lui offre une Rolls Royce. Ce bijou technologique paraît trop sage à Maurice qui ne rêve que de grands espaces. Puisqu’il ne peut pas conquérir la mer, il s’élancera dans les airs… Il échange sa Rolls contre une « machine volante », mais son premier vol de 1909 se termine par la destruction totale de son biplan. Son corps est couvert d’ecchymoses, mais son rêve de piloter un avion reste intact et rapidement, Maurice se fait un nom lors des meetings aériens.

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Maurice Noguès (1889 – 1934).

L’année 1914 sonne le glas des exploits sportifs. Maurice entre dans l’armée de l’air comme simple mécanicien avant d’intégrer le groupe de bombardement en tant que pilote. Bientôt, il connaîtra le ciel d’Alsace déchiré par des batailles aériennes. Cernay, Mulhouse, Altkirch, Dannemarie, Metzeral, Munster – quelques-unes des communes au-dessus desquelles il livre des combats. En 1916, il est le premier aviateur à effectuer des bombardements nocturnes lors de la bataille de la Somme avant de rejoindre la prestigieuse escadrille de chasse des Cigognes. Il connaîtra Guynemer et il suivra Deullin à Dunkerque. Blessé en 1918, il profite de sa convalescence pour épouser Magdeleine, à laquelle il écrira des lettres quotidiennes tout au long de sa vie.

Après la guerre, l’aviateur est privé d’ailes, et il se reconvertit dans l’élevage… de volaille. Son ami Albert Deullin, un as aux vingt victoires, devenu le chef-pilote de la CFRNA, lui rend visite et se fait agent recruteur pour l’occasion. Noguès ne résiste pas aux sirènes de l’aviation civile récemment créée et devient pilote de ligne de la CFRNA. Le 13 août 1922, il effectue son premier vol Paris-Strasbourg. Il finira par connaître intimement cette ligne qui lui réserve pourtant quelques surprises comme le jour, où il est contraint de se poser dans un champ à Schwindratzheim et de regagner Strasbourg en train…Pour pouvoir mener un semblant de vie familiale, son épouse s’installe à Strasbourg près du terrain d’aviation du Polygone.

Le 29 mai 1923, Albert Deulllin se tue lors d’un vol d’essai et Noguès devient le chef-pilote de la CFRNA. Dans cette fonction il défriche de nouvelles lignes et initie des vols de nuit entre Paris et Strasbourg et entre Belgrade et Bucarest dès 1923 - une première mondiale !!! Il fera tout pour que les avions soient équipés d’un TSF, d’un extincteur automatique et d’un gyromètre. La sécurité avant tout. En 1924, il ouvrira la ligne jusqu’à Ankara.

Le 15 octobre 1924, il partira avec le copilote Martin, avec le secrétaire général de la CFRNA et avec trois membres d’équipage à Moscou pour négocier l’ouverture d’une ligne entre Paris et Moscou. Lui et ses coéquipiers connaîtront d’innombrables problèmes techniques, ils souffriront du froid polaire accompagné du givre, du brouillard et de la neige ; ils seront éprouvés par l’inactivité forcée. Ils rentreront après de nombreuses semaines et apprendront qu'entre temps, le projet d’une ligne Paris - Moscou a été enterré...

En 1925, la CFRNA est renommée CIDNA (Compagnie internationale de navigation aérienne). Noguès ne veut pas se contenter des limites du réseau de la compagnie et il la quitte pour Air Union. Après de nombreuses péripéties, y compris un amerrissage hasardeux, l’aviateur attiré par l’Indochine, défriche et ouvre la ligne Paris – Saigon qui sera baptisée « Ligne Noguès ». En 1933, il devient directeur général adjoint d’Air France, compagnie nationale nouvellement créée. Il trouve la mort le 15 janvier 1934, avec le pilote Launay et huit autres personnes, dans l’accident d’avion sur la ligne Saigon - Paris.  Maurice Noguès est considéré comme l’un des plus grands aviateurs français de son époque.

Maryla Boutineau

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